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Le
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ORIGINE DE LA VILLE
La
ville doit son nom au moine Amand, évêque de Maestricht,
mais surtout évêque missionnaire et fondateur d'abbayes
qui, vers 633-639, reçut du roi Dagobert " un lieu situé
entre les deux rivières de la Scarpe et de l'Elnon afin d'y
étendre le culte libre " (charte de fondation de l'abbaye).
Amand y éleva deux oratoires, puis un monastère qui
prit le nom de l'Elnon, où il mourut vers 660-675.
Dans un pays de marécages et d'épaisses forêts,
les moines poursuivirent leur œuvre de défricheurs et de
bâtisseurs, cependant que quelques vilains venaient construire
leurs cabanes au pied même de l'abbaye, lieu de protection
efficace contre les fréquentes incursions de pillards.
Ce fut là l'origine de la ville qui ne prit que bien plus
tard son nom de Saint-Amand-en Pévèle "in pabula"
(dans un pays de pâturages).
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L'ABBAYE D'ELNON
Dès
le IXè siècle, au cours de la période historique dite
" Renaissance carolingienne ", l'abbaye bénédictine d'Elnon
brilla d'un éclat incomparable (Cantilène de Sainte Eulalie,
premier poème en langue romane).
C'est sous la prélature de Goslin vers 881 et 883 que les Normands
attaquent Saint-Amand, détruisent complètement l'Abbaye et
massacrent les moines restés pour la garder (883), les autres ayant
évacué à Saint-Germain-des-Près. C'est en souvenir
de cette calamité qu'eut lieu très longtemps, le jour de la
Pentecôte, une procession solennelle dans les rues de la ville.
Cet éclat particulier de l'abbaye de Saint-Amand est plus encore
attesté par la présence de moines savants et lettrés
qui la classent parmi les plus illustres de l'histoire ecclésiastique.
Au Xè siècle, un moine Hucbald, fit faire de grands progrès
à la musique polyphonique.
En 1432, Jean de Gênes achève le Catholicon, vaste encyclopédie
manuscrite dont la bibliothèque municipale possède un des
cinq exemplaires.
VICISSITUDES
DE LA VILLE
Après le sac de l'abbaye par les Normands,
la ville eut à souffrir d'autres malheurs, dont les incendies, qui
prenaient alors figure de calamités publiques, n'étaient pas
les moindres. Le plus terrible de ces incendies fut celui de 1066 ; en quelques
heures, la totalité des maisons furent consumées, ainsi que
l'abbaye et ses archives.
Aux dévastations du feu (à trois ou quatre reprises, la ville
presque entière fut détruite), succédèrent les
ravages de la guerre.
Les Flamands, à la suite de la fameuse bataille des Eperons d'or,
s'en prirent à tout le Tournaisis. Saint-Amand eut à subir
leurs assauts : tout fut pillé et dévasté, livré
aux flammes ; il ne resta debout que l'abbaye et l'église que seule
la ferveur religieuse des assaillants protégea.
En 1340, au cours de la Guerre de Cent ans, le comte de Hainaut, partisan
du roi d'Angleterre, vint avec 12 000 hommes d'armes (Valenciennois, Flamands
et Anglais) faire le siège de la ville qui manifestait, trop à
son gré, sa sympathie pour le roi de France. Après un combat
acharné, les amandinois succombent, la ville est livrée à
la dévastation (Froissart a raconté ce combat héroïque).
En 1478, les valenciennois récidivent et livrent la ville au pillage.Durant
tout le XVè siècle, Saint-Amand fut en butte aux fréquentes
incursions, soit des troupes du Duc de Bourgogne, soit de celles du roi
de France qui se disputaient, en ces régions, la prééminence.
Les luttes religieuses ne manquèrent pas non plus, au cours du XVIè
siècle, de marquer la ville de leurs dévastations, dues, en
particulier aux iconoclastes (protestants) qui, le 24 août 1566, jour
de la Saint-Barthélémy, saccagèrent les églises
de Saint-Amand.
L'ABBE
NICOLAS DU BOIS
Enfin,
nous arrivons au XVIIème siècle où l'histoire de la
ville est toute entière dominée par la grande figure de l'abbé
Nicolas du Bois. Entre-temps, la ville était devenue française.
Si le traité de Madrid avait en 1521 donné Saint-Amand à
Charles Quint, le traité d'Aix-la-Chapelle, en 1668, l'attribua d'une
façon définitive à la France.
L'Abbé Nicolas du Bois, sorte de génie organisateur et bâtisseur,
donna à la ville l'aspect qu'elle devait à peu près
garder deux cents ans, comme l'atteste le plan terrier de Bayard (1663)
encore visible à la bibliothèque municipale.
Il fit restaurer la muraille d'enceinte (on en trouve quelques vestiges,
rue de Tournai) et surtout présida personnellement et d'après,
dit-on, les indications de Rubens (?), la reconstruction de l'abbaye. Il
en fit une véritable demeure princière, formant un carré
de 180 mètres de côté, entourée d'eau de toutes
parts (sauf du côté de l'église abbatiale) et à
chaque sommet d'une tour dont la tour actuelle qui servait d'entrée
à l'église abbatiale. L'entrée principale de l'abbaye
se trouvait entre les deux pavillons octogones de l'Echevinage. Déclarée
propriété nationale en 1789, l'abbaye fut démantelée
de 1797 à 1820 : il n'en subsiste que la Tour et l'Echevinage, grâce
à l'intervention de Mathieu Dumoulin, avocat au Parlement de Flandre.
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© Ville de Saint-Amand-les-Eaux, 2010. Tous droits réservés.
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