|
Il
s'agit du plus spectaculaire monument historique de la région
: la tour-porche (XVIIè siècle), vestige de l'une
des plus importantes abbayes du Nord de la France.
Fondée au VIIème siècle par le moine Amand, l'Abbaye fut reconstruite sous l'Abbé Nicolas du Bois (1623-1673) et détruite presque entièrement après 1794.
La tour-porche - musée culmine à 82 mètres. |
 |
L'ARCHITECTURE EXTERIEURE
Située
sur la grand-Place, la tour abbatiale constituait une tour d'angle et
servait de portail à l'église de l'abbaye bénédictine
de Saint-Amand. Construite de 1626 à 1640 sur l'ordre de
l'abbé Nicolas du Bois, personnage orgueilleux, autoritaire,
elle présente avec ses deux tourelles moins élevées,
une masse imposante de 82 m de haut. Extérieurement, elle n'affiche
pas d'unité de style, mais appartient comme toute la masse architecturale
de l'abbaye, à ce mouvement de Contre-Réforme qui suivit
au XVIIème siècle la séparation des provinces des
Pays-Bas protestants des provinces du Sud, restées catholiques
: mouvement caractérisé par un style baroque, flamand contrastant
par son opulence avec la rigidité calviniste. De la base au sommet,
elle présente cinq niveaux appartenant aux ordres toscan (sur pilotis
en grès), dorique, ionique, corinthien et composite.
On remarque au deuxième niveau, la perspective d'une église
à trois nefs ou du temple de Jérusalem et cette phrase "Ne
faites pas de la maison de mon père une maison de commerce"; au-dessus,
les lettres entrelacées du mot "Sanctus" et Dieu le Père
bénissant.
De nombreuses statues, certaines décapitées en 1789, ornent la tour :
- Face Nord, 3ème niveau : Lothaire, fondateur
de l'école de Saint-Amand au IXème siècle. 5ème niveau : Milon et ses
élèves : Carloman, Dreux et Pépin, fils de Charles le Chauve.
- En façade, 3ème niveau : Saint-Amand et
Saint-Denis. 5ème niveau : Saint-Benoîst et Saint-Martin
- Face Sud, 3ème niveau : Sainte-Juliette
et Saint-Cyr. 5ème niveau : Hucbald, poète et musicien.
Sur le cinquième niveau s'appuient deux tourelles et le dôme octogonal,
contenant le carillon, flanqué aux angles de dragons symbolisant l'esprit
du mal dompté par Saint-Amand.
Actualités :
Victime des affres du temps, la Tour abbatiale a bénéficié,
ces vingt dernières années, de plusieurs opérations
de rénovations extérieures, malheureusement insuffisantes.
Toujours pour des raisons de sécurité, il est aujourd'hui
interdit pour le public de monter comme jadis en haut de l'édifice
et profiter d'un magnifique panorama. Pour sauver son patrimoine emblématique,
la Ville a alors mené une campagne de sensibilisation intitulée
"Ma Tour vaut le détour", qui a finalement abouti à
un projet de restauration d'envergure.
Nous nous en souviendrons de ce jeudi 20 décembre 2001
à Saint-Amand-Les-Eaux. Même le soleil était au
rendez-vous, comme un coup de projecteur sur un acte important de
notre histoire locale : l'engagement officiel de la municipalité
et des Pouvoirs Publics pour la restauration de la Tour abbatiale.
Le protocole d'accord sur le financement des travaux a été
signé par Alain Bocquet, député-maire
de Saint-Amand, Catherine Tasca, Ministre de la Culture et
de la Communication, Bernard Derosier, président du
Conseil Général, et Michèle Mathys, vice-présidente
à la commission culture du Conseil Régional, représentante
du Président de Région, Daniel Percheron.
La Tour abbatiale est sauvée ! Sa réhabilitation
a été officialisée le jeudi 20 décembre
2001 en son musée, par la signature d'une convention entre
les partenaires financiers. La Ville, l'Etat, et le Département
participeront à hauteur de 3,05 M€ (20 MF) chacun
et l'appui de la Région s'élèvera à 1,37
M€ (9 MF). Pour ce qui est des travaux, leur déroulement
reste à définir. On sait toutefois qu'ils seront effectués
en tranches successives et qu'ils devraient s'échelonner sur
7 ou 8 années. |
|
|
 |